BD : Les aventures de Blake et Mortimer tome 29 – Huit heures à Berlin


Scénario de José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental – d’après les personnages créés par Edgar P. Jacobs – Dessins d’Antoine Aubin – Couleurs de Laurence Croix – Couverture d’Antoine Aubin (couleurs de Bruno Tatti)
Novembre 2022 – 62 pages
Éditeur : Éditions Blake et Mortimer (Dargaud) – dargaud.com

Berlin, 1963, en pleine Guerre froide, un homme tente de franchir le Mur qui sépare l’Allemagne de l’Est communiste de la République fédérale d’Allemagne. Abattu, il parvient cependant à prononcer un dernier mot : Doppelgänger.


Neuf ans après « L’Onde Septimus » (Blake et Mortimer, 2013), c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve le trait jacobsien en diable d’Antoine Aubin. Il met son incroyable talent au service d’un scénario d’une intelligence diabolique concocté par l’habile duo formé de José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental. Ensemble, les deux hommes ont dirigé pas moins de deux Année de la Bande Dessinée (1), coécrit pour Franz (1948-2003) les Mémoires d’un 38 (Les Humanoïdes Associés en 1989) et, plus récemment, pour Stanislas, Les aventures d’Hergé (Reporter en 1999). C’est en 2015 que les deux scénaristes sont choisis pour faire partie des potentiels repreneurs de Blake et Mortimer par les Éditions Blake et Mortimer. Ils ne tardent pas à proposer ces « Huit heures à Berlin » dont l’illustration est confiée au méticuleux et rigoureux Antoine Aubin qui « qui a mis sept ans (7 ans !) à achever l’album » (2). Ce léger retard au démarrage n’empêche pas le duo d’écrire une nouvelle aventure de l’autre duo avec dit-on un certain Floc’h au dessin (2).


Malgré des aspects fantastiques, de ceux qui font le sel des enquêtes du professeur Philip Mortimer et du capitaine Francis Blake, « Huit heures à Berlin » s’insère dans une chronologie beaucoup plus réaliste que le presque uchronique « Secret de l’Espadon ». Le récit entraîne ainsi le lecteur dans cette période de la Guerre froide déjà évoquée dans « S.O.S. météores » (Lombard en 1959), écrit et dessiné par Edgar P. Jacobs (1904-1987), et dans « La Machination Voronov » (Blake et Mortimer en 2000) d’Yves Sente (scénario), André Juillard (dessins) et Didier Convard (couleurs). Comme dans tout  bon  album  de  Blake et Mortimer,  « Huit heures à Berlin » permet de retrouver, bien évidemment, du côté des « méchants », l’ennemi préféré de nos deux héros : le Colonel Olrik. Ce dernier s’est naturellement mis au service de l’Union soviétique pour pouvoir affronter ses meilleurs adversaires et surtout servir ses sombres desseins. Il n’est pas le seul à avoir choisi le mauvais camp puisque l’on peut aussi croiser un scientifique nazi recruté pour mener des expériences interdites pour le compte de l’URSS. En dire plus sur l’intrigue de « Huit heures à Berlin » nuirait au plaisir de la découverte de ce nouvel opus des plus british des héros de la BD franco-belge.


Notes :

1 – Ouvrages collectifs et critiques faisant le point, comme leur titre l’indiquait, sur une Année de la Bande Dessinée. Bocquet et Fromental ont dirigé, pour les éditions Temps Futurs, les années 81-82 (en 1981) et 82-83 (en 1982), avant que Stan Barets et Patrick Gaumer ne prennent la suite pour l’année 83-84 (en 1983).

2 – Dixit Didier Pasamonik (L’Agence BD) dans son article « Blake et Mortimer : huit heures à Berlin, une intrigue hitchcockienne » proposé le 17 novembre 2022, sur le site actuabd.com.

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