AVATAR STORY 1ère partie sur 9 : Pandora

Pandora n° 1 (Stephen Sandoval - Avatar, 1997)

En 1996, William A. Christensen, jusqu’alors collaborateur free-lance du magazine critique Wizard, décide d’arrêter de parler de comics pour en faire. Ne pouvant rivaliser avec les Big Two, la petite maison d’édition basée dans l’Illinois va jouer la carte du marché de niche en publiant des histoires de Bad Girls et en offrant à des créateurs renommés l’opportunité d’écrire et de dessiner des comic books sans la moindre contrainte ou la moindre censure.

Razor Torture n° 1 (Jude Millien & Mike Taylor - London Night Studios, 1996)

Dès 1995, William A. Christensen intègre véritablement le monde des comic books en devenant l’un des Editors de la maison d’édition indépendante London Night Studios. Créée par Everette Hartsoe, cette petite structure s’est installée sur le marché de niche des comics sexy et violents avec des héroïnes indépendantes et fatales, de véritables Bad Girls. Durant cette période, Christensen coordonne la publication du one-shot Razor: Cry No More (cover date : January 1995) jusqu’au premier épisode de la série limitée Razor: Torture (cover date : January 1996). Fort de cette expérience, il se lance alors dans l’aventure de l’édition en fondant Avatar Press. À l’image de London Night Studios qui peut s’enorgueillir d’un porte-drapeau de la trempe de Razor, Avatar Press trouve le sien en la personne de Pandora. Créée par Christensen et son complice en écriture, Mark Seiffert, cette nouvelle Bad Girl s’inspire de la mythologie et plus particulièrement de la légende de la boîte de Pandore.


Pandora n° 1 (Richard Pollard & Jude Millien - Avatar, 1997)

Dans les mythes classiques, Pandore est une splendide jeune femme créée à partir d'argile et d'eau par Héphaïstos, amenée à la vie par Athéna, dotée de la beauté par Aphrodite, ayant appris la musique grâce à Apollon, le mensonge et la curiosité grâce à Hermès et la jalousie grâce à Héra. Forte de tous ces talents et de tous ces défauts, elle devint l’arme parfaite pour Zeus qui voulait se venger de Prométhée, le Titan qui avait volé le feu pour le donner aux hommes. Le roi des dieux offrit la main de la belle Pandore à Épiméthée, le frère de Prométhée, et confia à la jeune mariée une boîte qui contenait tous les maux de la Terre, en lui interdisant de l’ouvrir. Dévorée par la curiosité, Pandore ne résista pas longtemps et libéra la malédiction sur l’humanité. Reprenant cette origine, Christensen et Seiffert imaginent que Pandora, créée par les dieux, vit toujours et cherche à se racheter en affrontant les incarnations du Mal qu’elle a laissé échapper. Les deux premiers épisodes de Pandora (cover dates : January 1997 and February 1997), permettent de découvrir une héroïne sexy faisant face à Gundevil et ses Demon Marksmen. Le dessin de ce diptyque est confié à Richard Pollard, un artiste ayant précédemment collaboré avec London Night Studios, au trait efficace si ce n'est remarquable. La couverture alternative de Stephen Sandoval, pour le n° 1, vient pimenter la sauce en présentant les charmes cachés de la jolie brune. Réalisé par la même équipe, un numéro zéro (cover date : March 1997) explore les origines de la belle justicière.


Pandora-Razor (Rick Lyon & Barry Gregory - Avatar, 1999)

Animée par l’équipe de choc d’Avatar Press, Pandora vit des aventures solo dans divers one-shots ou séries limitées, ainsi que dans les pages de l’anthologie Threshold. Mais, en tant qu’étendard de la jeune maison d’édition, elle est toute désignée pour participer aux cross-overs les plus classiques ou les plus surprenants. Cela commence par une rencontre interdimensionnelle entre Emma, la femme-araignée créée par Mike Wolfer, en 1992, pour son label Ground Zero Comics, et Pandora dans un Pandora/Widow (cover date : September 1997), suivi d’un match retour dans Pandora/Widow: Arachnephobia (cover date : October 1998), dessinés par Wolfer, sur un scénario de Christensen, Seiffert et Wolfer. Plus surprenante est cette collaboration entre la légendaire héroïne et la nonne guerrière Shotgun Mary créée par le Texan Ben Dunn dans sa série Warrior Nun Areala pour son label Antarctic Press. Cela donne Pandora/Shotgun Mary (cover date : August 1998), une réalisation Christensen et Seiffert pour le texte et Rick Lyon pour les illustrations. La mythique brunette croise tout aussi naturellement Razor l’égérie de London Night Studios dans Pandora/Razor: Devil Inside (cover date : January 1999), un one-shot toujours écrit par Christensen et Seiffert, pour Lyon, où l’on peut remarquer que la nudité s’ajoute définitivement aux aspects violents et sexy de la série. Inattendue est cette rencontre entre la piquante héroïne et la rousse Avengelyne créée par l’Awesome Studio de Rob Liefeld le temps d’Avengelyne/Pandora (cover date : cover date : January 2000), une brève bataille contre un culte luciférien orchestrée par Christensen et Seiffert pour le scénario, et Lyon pour le dessin. Poursuivant dans cette voie, Pandora croise Shi, la Bad Girl américano-japonaise imaginée par Billy Tucci pour son label Crusade, dans Shi: Pandora's Box (cover date : March 2003) mis en images par l’Espagnol Juan José Ryp, sur un scénario de Robert Lugibihl. Il faut ensuite trois épisodes pour raconter l’affrontement opposant Pandora à Sandra Lords alias Hellina l’envoyée de Lucifer issue de l’imagination de Joseph Zyskowski pour son label Lightning Comics. Di Amorim dessine ainsi Hellina vs Pandora n° 1 (cover date : March 2004) à 3 (cover date : June 2004), sur des scénarios de Christensen, Seiffert et Doug Miers. C’est aussi dans l’opposition frontale que se déroule la rencontre Lady Death vs. Pandora (cover date : May 2007), sur un scénario de Brian Pulido, le créateur de la dame mortelle, avec des dessins de Gabriel Guzman.

War Goddess n° 0 (Pow Rodrix - Avatar, 2011)

En créant, en 2010, son label Boundless, Avatar Press rapatrie toutes ses Bad Girls sous ce nouvel étendard. Pandora est tout naturellement de la partie et partage la vedette des douze épisodes de la série War Goddess (cover dates : August 2011 to January 2013) avec Hellina et Widow. Mike Wolfer est en charge du scénario de cette aventure épique de longue haleine que Pow Rodrix et Andres Ponce illustrent avec talent sous des couvertures signées Matt Martin, Clint Hilinski, Michael Dipascale, Renato Camilo et Jason Eden. C’est un véritable nouveau départ pour ces héroïnes qui peuvent ainsi partir à la conquête d’un nouveau public. Comme l’indique Wolfer lors d’une interview : « Nous reprenons l'histoire plusieurs années après que Pandora ait accompli sa lutte séculaire pour contenir les maux qu'elle a déchaînés sur la Terre. L'immortelle déesse de la guerre a pris sa retraite, mais j'ai concocté une menace totalement nouvelle, avec des ennemis et des méchants comme la Terre n'en a jamais vu, c'est donc une toute nouvelle guerre qui doit être menée. Elle détesterait probablement l'admettre, mais Pandora ne peut pas mener cette guerre seule. La voici contrainte à recruter d'autres femmes fatales pour mener ce combat. ». À l’issue de cette bataille, Pandora semble prendre un repos bien mérité depuis la mise en sommeil des activités d’Avatar Press et de Boundless Comics.

Pandora's Chest n° 1 (Avatar, 1999)

La version française :

Pandora
Aucun éditeur français n’a traduit les diverses aventures solo de Pandora cependant Graph Zeppelin a adapté War Goddess en deux tomes publiés en février 2018 et janvier 2019.

Pandora-Razor (Rick Lyon & Barry Gregory - Avatar, 1999)

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