| Zeus dans God is Dead n° 1 (Di Amorim - Avatar, 2013) |
En 1996, William A. Christensen, jusqu’alors collaborateur freelance du magazine critique Wizard, décide d’arrêter de parler de comics pour en faire. Ne pouvant rivaliser avec les Big Two, la petite maison d’édition basée dans l’Illinois va jouer la carte du marché de niche en publiant des histoires de Bad Girls et en offrant à des créateurs renommés l’opportunité d’écrire et de dessiner des comic books sans la moindre contrainte ou la moindre censure.
| Odin dans God is Dead n° 4 (Di Amorim - Avatar, 2013) |
Actuel maestro de la saga X-Men chez Marvel Comics, architecte des arcs Dawn of X, House of X, Powers of X, Dawn of X et Fall of X, Jonathan Hickman (East of West, Image Comics depuis 2013) débarque chez Avatar Press, en 2013, pour bénéficier de la liberté créative que lui offre William A. Christensen. Ainsi, avec Jonathan Hickman’s God is Dead, le scénariste d’Ultimate Invasion (Marvel en 2023) imagine que, profitant de la disparition de Dieu, Zeus, maître du panthéon grec, apparaît au milieu des pèlerins du Vatican pour réclamer son dû. À sa suite, échappées des mythes et des légendes humaines, les divinités de toutes les religions oubliées ressurgissent et se partagent la Terre afin que ses habitants les honorent ou bien soient sacrifiés en leur honneur. Alors que des dissensions apparaissent entre les êtres divins, Zeus n’hésitant pas à déployer toute la puissance de ses éclairs pour tuer Odin et Thor, un groupe d’humains tente de créer le nouveau dieu qui pourra vaincre les anciens panthéons.
Initialement conçue comme une série limitée en six épisodes, Jonathan Hickman’s God is Dead est cosignée par Hickman et Mike Costa (Secret History of The Authority: Hawksmoor, WildStorm en 2008) et illustrée par Di Amorim (Unholy, Avatar Press en 2006), La demi-douzaine de chapitres paraît ainsi entre September 2013 et January 2014, sous des couvertures conçues par Jonathan Hickman. Les principales divinités intervenant dans l’intrigue initiale appartiennent aux panthéons grec (Zeus, Ares, Aphrodite, Cerberus), égyptien (Horus, Anubis, Bastet), scandinave (Odin, Thor, Loki, Hugin, Munin, Sleipnir, Mimir, Midgard Serpent), hindou (Brahma, Shiva, Vishnu) et aztèque (Tezcatlipoca, Huitzilopochtli, Quetzalcoatl), avec la participation exceptionnelle d’un des sept princes de l’enfer (Mammon). Pour affronter ces puissances divines, un petit groupe d’humains tente donc de s’élever à leur niveau en s’injectant le sang de certains de ces dieux. L’expérience n’est pas vraiment une réussite, même si Gaby, l’une des rebelles finit par se transformer en une déesse qui se révèle tout aussi dangereuse que les autres divinités.
Tout comme Crossed, l’histoire totalement maîtrisée de Jonathan Hickman est artificiellement poursuivie par Mike Costa en solo. Illustrés par divers dessinateurs habitués des titres Avatar (Juan Frigeri, German Erramouspe, Omar Francia, Emiliano Urdinola, Nahuel Lopez), les nouveaux épisodes mettent en avant l’aspect violent et amoral des dieux, mais aussi de certains humains. C’est également l’occasion d’étoffer le casting en intégrant certaines divinités négligées lors des six premiers opus et de faire revenir Jésus Christ sur Terre pour tenter de sauver les survivants d’une humanité piégée dans un monde devenu complètement fou. Aux 48 chapitres de la série régulière Jonathan Hickman’s God is Dead s’ajoutent deux numéros spéciaux, publiés par Avatar Press en 2014, où Costa invite Alan Moore, Simon Spurrier, Kieron Gillen et Justin Jordan à jouer avec ses créations dans les chapitres Alpha et Omega de God is Dead: The Book of Acts. Même s’il a laissé les dieux à d’autres auteurs, Mike Costa s’amuse encore avec les puissances surnaturelles en étant l’un des scénaristes et producteurs de la série télévisée Lucifer (Fox de 2016 à 2018 et Netflix de 2019 à 2021), inspirée du comic book Vertigo.
La version française :
God is Dead et God is Dead: The Book of Acts
Aucun éditeur français n’a traduit les 48 épisodes de God is Dead ou le diptyque God is Dead: The Book of Acts, malgré la participation d’Alan Moore au scénario.
God is Dead et God is Dead: The Book of Acts
Aucun éditeur français n’a traduit les 48 épisodes de God is Dead ou le diptyque God is Dead: The Book of Acts, malgré la participation d’Alan Moore au scénario.
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