BD : Astérix tome 40 – L’iris blanc


Scénario de Fabcaro – d’après les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo – Dessins de Didier Conrad – Couleurs de Thierry Mébarki - Couverture de Didier Conrad
Octobre 2023 – 48 pages
Éditions Hachette Livre, collection Astérix – asterix.com

Alors que les mutineries et refus d’aller au combat se multiplient dans les légions romaines, Jules César réunit un conseil de défense afin de trouver des solutions à cette épidémie de pacifisme. Ne voulant ni soumettre ses troupes à la décimation ni augmenter leurs soldes, l’Imperator écoute avec attention la proposition de Vicévertus, médecin-chef des armées romaines qui a mis au point la technique de l’iris blanc. Grâce à cette méthode qui permet d’accompagner ses patients dans la bienveillance et leur permet de s’épanouir, il promet de rendre heureux les légionnaires, car tout le monde sait qu’un légionnaire heureux est un légionnaire combatif. Jules César lui propose de tester sa pensée positive sur la garnison de Babaorum en Armorique, non loin d’un petit village gaulois.


Ce n’est pas la première fois que Jules César envoie un non-combattant pour se débarrasser de ces irréductibles Gaulois qui résistent encore et toujours. Dans l’album Le Domaine des dieux (Dargaud, 1971) de René Goscinny (1926-1977) et Albert Uderzo (1927-2020), c’était l’architecte Anglaigus qui était chargé par César d’apporter la civilisation aux villageois en construisant un domaine résidentiel à deux pas de leurs cahutes aux toits de chaume. À l’époque, c’est le Centurion Oursenplus et les légionnaires de la garnison d’Aquarium qui avaient été mis à contribution. Cependant, par sa manière de semer le trouble dans le cœur de certains des habitants et des habitantes du village gaulois, le personnage de Vicévertus n’est pas sans rappeler Tulius Détritus, un autre envoyé de César, venu semer La Zizanie (Dargaud, 1970) au sein de la petite communauté irréductible, avec le soutien de Caïus Aérobus, centurion de la garnison d’Aquarium. On peut aussi songer à Prolix, ce faux Devin (Dargaud, 1972), qui profite de la crédulité de Bonemine et de la plupart des Gaulois.


Avec ce nouvel album, Didier Conrad continue à s’imposer comme le repreneur graphique des aventures d’Astérix et Obélix. Il est rejoint pour cet Iris blanc par le scénariste Fabcaro qui n’est pas avare de jeu de mots. L’auteur de Zaï zaï zaï zaï (6 pieds sous terre, 2015), BD racontant la fuite d’un homme pris à partie pour avoir oublié sa carte de fidélité d’un magasin, poursuit sa dénonciation des travers de la société contemporaine. Il permet ainsi à Bonemine d’emprunter un Char à Grande Vitesse de la Société Nouvelle des Chars et du Foin pour se rendre à Lutèce. Fabcaro est aussi le premier scénariste de la série à offrir un récital complet à Assurancetourix, où il interprète les meilleurs titres du Top L de «Glaive lève-toi» à «Légionnaire particulier cherche légionnaire particulière». Avec cet album, Fabcaro essaye avec application de retrouver les recettes qui firent le succès des aventures d’Astérix et Obélix de Goscinny & Uderzo. Il y parvient à plusieurs reprises dans cet album qui se laisse lire et donne envie de découvrir le prochain titre du duo.

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