Scénario d’Yves H. – Dessins, couleurs et couverture de Hermann
Janvier 2024 – 56 pages
Éditeur : Le Lombard – lelombard.com
Véritable bête de guerre, Melonius Brigantus n’a pratiquement connu d’autre univers que celui de la légion. En cet an 84 après J.-C., comme les camarades de sa centurie, il avance sur les terres brumeuses de Calédonie. Leur mission est d’imposer la Pax Romana en ce pays hostile. Ils doivent rejoindre un poste avancé en plein territoire picte.
Après l’univers du western qu’ils ont visité ensemble avec les sept tomes de la série Duke (Le Lombard de 2017 à 2023) et qu’Hermann connaît bien pour avoir illustré dix des aventures de Comanche (Le Lombard de 1972 à 1983), la patronne du Ranch 666, et les trente tomes de ce western post-apo qu’est Jeremiah (Dupuis de 1979 à 2021), les Huppen, père et fils, s’attaquent au péplum avec le diptyque Brigantus, dont « Banni » constitue la première partie. Mais, comme cela semble désormais être leur marque de fabrique, cette aventure est sombre et sanglante. On est bien loin d’un Astérix chez les Pictes (Éditions Albert René en 2013), ici les Calédoniens sont de fiers combattants qui pallient la faiblesse de leur équipement guerrier par une volonté farouche de chasser l’envahisseur romain de leurs terres et de protéger leurs femmes et leurs enfants. Face à eux, la centurie de Brigantus ressemble à un monstre sans âme.
C’est le sentiment qui transparaît lorsque l’on découvre les premières planches de Brigantus. Les Romains ne sont pas des individus, c’est un groupe, une unité, une entité qui parcourt les terres calédoniennes, ne s’arrêtant que pour semer la terreur et la mort. ainsi qu’Hermann fait apparaître les soldats de Rome comme une unité, un groupe, une entité, même si l’on découvre rapidement que ce ne sont que des hommes avec leurs jalousies et leurs inimitiés. Superbement mis en couleurs, dans de sombres tonalités d’où se détache le rouge des uniformes romain et le rouge du sang versé, le dessin d’Hermann n’est peut-être pas aussi fluide et rigoureux que dans ses jeunes années, mais sa mise en page et ses cadrages restent ceux d’un maestro de la bande dessinée. En s’éloignant du western d’un Duke (enfin terminé) et du post-apo d’un Jeremiah (en perte de vitesse), Hermann semble avoir trouvé une nouvelle jeunesse et on en redemande avec la suite à venir de ce diptyque qu’est Brigantus.




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