Même si leurs œuvres perdurent, les femmes et les hommes qui travaillent, parfois dans l’ombre, disparaissent. Ce mois de mars a été marqué par les décès d’Akira Toriyama et de Mark D. Bright.
Né le 5 avril 1955 à Nagoya, dans la Préfecture d’Aichi, au Japon, Akira Toriyama est mondialement connu comme le créateur de Dragon Ball, le manga star du Weekly Shônen Jump dans les années 1980-1990. Pourtant, sa carrière ne commence pas forcément sous les meilleurs auspices. Après des études artistiques, il trouve un travail d’illustrateur purement alimentaire dans une agence de publicité, tout en participant à tous les concours de manga qui se présentent. Recalé par le Shônen Magazine de Kodansha, par le Weekly Shônen Jump de Shueisha, il ne gagne aucun prix, même si son travail est parfois remarqué. Coaché par Kazuhiko Torishima, un des éditeurs du Jump, il finit par collaborer au célèbre hebdomadaire avec une histoire complète « Wonder Island », en 1978, qui ne convainc pas les lecteurs, puis avec le premier chapitre de Dr Slump, en 1980, qui, grâce à son humour, trouve enfin son public. C’est pour cette série que Toriyama décroche, en 1980, le prestigieux Shogakukan Manga Award du meilleur manga Shōnen. Vendu à plus de trente-cinq millions d'exemplaires au Japon, Dr Slump connaît dix-huit volumes publiés, entre 1980 et 1984 par Shueisha.
C’est toujours pour le Weekly Shônen Jump qu’Akira Toriyama crée une nouvelle série. Librement inspiré de La Pérégrination vers l'Ouest, un classique de la littérature chinoise du XVIe siècle, mâtiné de kung-fu à la Jackie Chan, Dragon Ball est l’archétype du Nekketsu. Tout l’art de Toriyama est de créer une galerie de personnages attachants, aux relations parfois conflictuelles, autour d’un jeune héros, Son Goku, candide si ce n’est naïf, d’une honnêteté parfois désarmante et doté d’une force stupéfiante qui lui permet de se sortir de toutes les situations. Écrit et dessinée par Akira Toriyama, assisté par le Bird Studio, Dragon Ball est publié entre 1984 et 1995 dans l’hebdomadaire et compilé en quarante-deux volumes. Le manga star est tout naturellement décliné en série d’animation, OAV, jeux vidéo et même une adaptation cinématographique hollywoodienne à oublier. Parallèlement à Dragon Ball, Toriyama travaille sur plusieurs jeux vidéo, se chargeant du chara design. On retrouve son trait reconnaissable, dès 1986, sur la série des Dragon Quest, pour Square Enix ; Chrono Trigger, en 1995 ; Tobal n° 1 et Tobal 2 pour Sony en 1996 et 1997.
Tandis que Dragon Ball vit sa vie en séries d’animation : Dragon Ball (1986-1989), Dragon Ball Z (1989-1996), Dragon Ball GT (1996-1997) et Dragon Ball Z Kai (2009-2011 et 2014-2015), Akira Toriyama délaisse les aventures au long cours pour se consacrer à des récits plus courts ou des one-shots, tels que Go! Go! Ackman (dans V Jump en 1993), Cowa (dans Weekly Shônen Jump en 1997-1998), Kajika (dans Weekly Shônen Jump en 1998), Neko Majin (dans Weekly Shônen Jump et Monthly Shônen Jump entre 1999 et 2005), Sand Land (dans Weekly Shônen Jump en 2000) et Cross Epoch (dans le Weekly Shônen Jump spécial Noël de 2006, avec un certain Eiichirō Oda pour un cross over exceptionnel entre Dragon Ball et One Piece). En 2008, Toriyama s’associe à Masakazu Katsura, l’auteur de Zeitman, le temps d’un One Shot intitulé Sachie-chan Guu! pour le magazine Jump Square. Les deux mangakas récidivent avec Jiya, en 2009, pour le Weekly Young Jump. En solo, Toriyama revient dans les pages du Weekly Shônen Jump afin de célébrer les 45 ans de l’hebdomadaire, en 2013, avec une nouvelle série, Jaco the Galactic Patrolman, préquelle à Dragon Ball en un volume.
En 2015, Akira Toriyama revient aux affaires avec la nouvelle mouture de son héros fétiche Son Goku avec Dragon Ball Super qui ne vient pas concurrencer One Piece dans le Weekly Shônen Jump, mais devient la tête de gondole du V Jump. Toriyama se contente de superviser l’ensemble confié au néo-mangaka Toyotarō. Pour sa part, la Toei fait appel à Toriyama pour écrire un nouveau long-métrage d’animation, Dragon Ball Super: Broly, réalisé par Tatsuya Nagamine, qui sort en 2018. Ce premier film de l’ère Super est suivi en 2022 par Dragon Ball Super: Super Hero, mis en scène par Tetsuro Kodama. Il participe ensuite à la conception de la série animée Dragon Ball Daima, qui se déroule chronologiquement entre Dragon Ball Z et Dragon Ball Super, dont il ne pourra pas voir la concrétisation puisque le mangaka est mort le 1er mars 2024, des suites d'un hématome sous-dural.
Revue de presse :
• « Akira Toriyama, légende du manga japonais (Dr Slump, Dragon Ball) nous a quittés » article de Hippolyte Arzillier le 8 mars 2024 sur le site actuabd.com
• « Arale et Son Goku sont orphelins : Akira Toriyama nous a quittés ! » article de Gwenaël Jacquet le 8 mars 2024 sur le site bdzoom.com
• « Mort d'Akira Toriyama : cinq chiffres sur l'impressionnante carrière du créateur de "Dragon Ball", disparu à l'âge de 68 ans » de Pierre Godon le 8 mars 2024 sur le site francetvinfo.fr
• « La légende Akira Toriyama rejoint Maître Kaio au paradis » article de Hacine Bouhadjera le 8 mars 2024 sur le site actualitte.com
• « Toriyama, Miura, Ashihara... Qui inscrit les mangakas dans un Death Note ? » article d’Antoine Oury le 28 mars 2024 sur le site actualitte.com
Prix et récompenses :
1981 - Prix Shōgakukan pour Dr Slump.
2013 - Prix spécial du 40e anniversaire du Festival d'Angoulême 2013.
2019 - Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
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Né le 27 décembre 1955, à Montclair, dans l’État du New Jersey, aux États-Unis, Mark D. Bright a fait ses débuts dans le monde des comics en dessinant les trois pages d’une histoire d’horreur de House of Mystery n° 257, en 1978, chez DC Comics. Mais, c’est en dessinant les trois derniers épisodes de la mini-série The Falcon, en 1983, chez Marvel, sur un scénario de Jim Owsley, qu’il fait définitivement du dessin sa profession. Il collabore une nouvelle fois avec Owsley sur les dix derniers numéros de Power Man and Iron Fist, en 1985. Au fil des ans, il travaille en alternance pour Marvel (Solo Avengers, Iron Man, G.I. Joe,...) et DC Comics (Green Lantern, Action Weekly Comics, A. Bizarro,...), et participe à l'expérience Milestone Comics (Icon et Hardware).
Après vingt années passées dans le monde des comics, Mark D. Bright se tourne vers le storyboard, travaillant pour la publicité comme le cinéma (Le Dernier Maître de l’air de M. Night Shyamalan, 2010). Mais, l’amateur de comic books se souvient surtout de Bright comme le dessinateur de la saga « Armors Wars » dans Iron Man n° 225 à 232, en 1987-1988, sur un scénario de David Michelinie et avec l’encrage métallique à souhait de Bob Layton, chez Marvel. Mais aussi, de la mise en images des mini-séries Green Lantern: Emerald Dawn (1989-1990), écrite par Jim Owsley, et Green Lantern: Emerald Dawn (1991), scénarisée par Keith Giffen (1952-2023) et Gerard Jones, pour DC Comics. Des épisodes marquants dans la longue carrière de Tony Stark et de Hal Jordan. Il a également co-créé des personnages aussi iconiques qu’Icon, le Superman noir imaginé par Dwayne McDuffie (1962-2011) pour Milestone Media, en 1993, et que le duo Quantum and Wood, avec Christopher Priest (anciennement connu sous le nom de Jim Owsley), pour Acclaim Comics, en 1997. Mark D. Bright est décédé le 27 mars 2024, à l'âge de 68 ans.












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