Scénario, dessins et couleurs d’Hermann
Octobre 2023 – 48 pages
Éditeur : Dupuis – dupuis.com
Depuis que Jeremiah a disparu, Kurdy a le moral dans les chaussettes. Il n’hésite pas à s’envoyer le contenu d’une bouteille qui l’expédie au pays des rêves ou des cauchemars. Victime de sévères hallucinations, il reprend conscience face à un prophète du dimanche et ses quelques fidèles. Lorsque la situation dégénère, Kurdy s’en sort grâce au jeune Sho qui décide de l’accompagner dans sa recherche de Jeremiah.
Octobre 2023 – 48 pages
Éditeur : Dupuis – dupuis.com
Depuis que Jeremiah a disparu, Kurdy a le moral dans les chaussettes. Il n’hésite pas à s’envoyer le contenu d’une bouteille qui l’expédie au pays des rêves ou des cauchemars. Victime de sévères hallucinations, il reprend conscience face à un prophète du dimanche et ses quelques fidèles. Lorsque la situation dégénère, Kurdy s’en sort grâce au jeune Sho qui décide de l’accompagner dans sa recherche de Jeremiah.
À 85 ans, Hermann ne semble pas avoir envie de poser le crayon. La preuve en est, la parution en 2023 de l’ultime chapitre de son western, Duke, et de cet épisode de Jeremiah, alors que la presse spécialisée annonce qu’il travaille sur un péplum, Brigantus. Si deux de ces séries sont scénarisées par son fils, Yves H., Jeremiah reste son personnage fétiche depuis sa création en 1979. Il en est le scénariste, le dessinateur, le lettreur et le coloriste (1). Tout au long des trente-neuf albums, Hermann a développé la bromance qui ne dit pas son nom entre Jeremiah le héros, honnête, sérieux et fidèle, et son compagnon de route, Kurdy Malloy, baratineur, facétieux et fidèle. Il est arrivé, au fil de ces aventures que Kurdy vole la vedette à Jeremiah, squattant sans complexe les couvertures de « Un cobaye pour l’éternité » (en 1981) ou « Boomerang » (en 1984), mais c’est la première fois que ce dernier est totalement absent. On peut même envisager le pire puisqu’à la fin de « Rancune » (en 2022), on ne sait véritablement pas si Jeremiah est vivant ou mort.
Entrecoupée d’hallucinations (2) consécutives à l’absorption d’un produit toxique, qu’Hermann matérialise sous forme d’aquarelles à base de bleu, la quête de Kurdy, qui se fait appeler Tom tout au long de cette histoire, semble être sans espoir. Il mène son enquête dans une ville grise et sans âme, dont les décors sont comme engloutis par une brume qui fait parfois douter de la réalité de toute cette aventure. Jusqu’à la planche finale superbe et optimiste, on peut se poser la question de savoir si Jeremiah n’est pas mort à la fin de « Rancune » et si Kurdy ne s’est pas mortellement empoisonné dès la deuxième page de cet album. Toute l’histoire de « Celui qui manque » pourrait alors n’être que les dernières pensées d’un homme à l’article de la mort. Ce n’est qu’une théorie, cela n’empêche nullement d’apprécier la dextérité d’Hermann qui, connaissant ses limites, évite de prendre des risques, mais conçoit presque chaque case comme une peinture. Même si cet album ne répond pas à toutes les questions qu’il pose, « Celui qui manque » constituerait une fort jolie conclusion à la saga de Jeremiah.
Notes :
1 - Initialement assurée par Fraymond, la mise en couleurs des aventures de Jeremiah est devenue le domaine réservé d’Hermann depuis « Julius et Roméa » (en 1986), avec un passage en couleurs directes à partir de « Zone frontière » (en 1996).
2 - Le visage qui revient le plus souvent dans ces hallucinations est celui de Stonebridge, personnage récurrent de la série. Il peut être vu comme la version négative de Kurdy, celui qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas croisé la route de Jeremiah.





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