BD : Astérix tome 12 - Astérix aux Jeux Olympiques

Scénario de René Goscinny – Dessins et couverture d’Albert Uderzo 
Juillet 1968 – 48 pages
Dargaud

Claudius Cornedurus, légionnaire romain de la garnison d’Aquarium (basée près d’un célèbre petit village), a été sélectionné pour représenter le monde romain aux Jeux olympiques d’Athènes. Lors d’un entraînement, il a le malheur de croiser Astérix, Obélix et Idéfix. Découvrant son champion au 36e dessous, son centurion décide d’aller voir Abraracourcix pour demander à ce que les villageois n’importunent plus Cornedurus. Ce faisant, il donne la folle idée aux Gaulois de participer aux Jeux.


Douzième album des aventures d’Astérix et Obélix, cet Astérix aux Jeux Olympiques (sans aucun rapport avec le film de 2008) est né de l’imagination fertile de René Goscinny (1926-1977) et de l’actualité, puisque 1968 était une année d’Olympiades. Alors que dans la vraie vie, le Mexique préparait les épreuves sportives avec un C.I.O. instituant, pour la première fois, des contrôles antidopage. Un élément que le scénariste intègre au récit, obligeant nos irréductibles Gaulois à faire preuve de ruse lorsqu’ils ne peuvent plus utiliser la potion magique du druide Panoramix. Jouant ainsi la double carte de l’humour et de l’actualité, Goscinny livre un album qui se situe dans la bonne moyenne de la série, mais un cran en dessous par rapport aux meilleures aventures exotiques d’Astérix et Obélix que sont Astérix et Cléopâtre (1965) ou Astérix légionnaire (1967).


Astérix aux Jeux Olympiques prend parfois allures de guide touristique, avec une description en voix off de presque une page du site d’Olympie. Mais, l’humour reprend rapidement ses droits avec des jeux de mots à foison, notamment lors de la présentation des équipes avec les sportifs de Marathon qui arrivent en courant, ceux de Macédoine qui sont très mélangés ou bien Rhodes qui n’a envoyé qu’un seul représentant, un colosse ! Parmi les quelques clins d’œil de cet opus, on peut apercevoir René Goscinny et Albert Uderzo (1927-2020) croqués sur un bas-relief à l'entrée du village olympique (planche 25). Bien évidemment, cet album est éminemment daté, on peut le constater à travers la quasi-absence de personnages féminins. L’explication est cependant donnée au bas de la planche 33 puisqu’il est interdit aux femmes d’assister aux Jeux Olympiques, l’occasion d’une nouvelle petite boutade qui déclencherait l’ire des féministes si cet ouvrage n’avait point été publié au siècle dernier, à une époque où l’Empereur Macronus n’était pas encore assis sur son trône jupitérien.

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