Comme beaucoup de dessinatrices et dessinateurs belges, Alix Garin, née le 29 mai 1997 à Namur (Wallonie), a suivi une formation artistique au sein de l’école Saint-Luc. Armée de son diplôme, elle rejoint les effectifs de l’agence de création graphique Cartoonbase, mais, au-delà de ce travail alimentaire, elle est attirée par la bande dessinée. En 2017, Alix Garin décroche le Prix Jeunes Talents du Festival Quai des Bulles, grâce à deux planches sublimes sur le thème « Au delà du Rio Grande ». Remarquée par un éditeur du Lombard, elle se lance dans un projet de roman graphique qui, sans être ouvertement autobiographique, se révèle cependant très personnel. Publié en 2021, Ne m’oublie pas (1) raconte, en plus de 200 planches, l’ultime escapade de Clémence et de sa grand-mère qui souffre de cette malédiction qu’est la maladie d’Alzheimer. Traduit en anglais, espagnol, italien, allemand, néerlandais, taïwanais, l’album obtient une kyrielle de prix justifiés par la qualité de l’œuvre : Prix Rossel de la bande dessinée 2021, Prix France Culture BD des étudiants 2021, Prix de la BD Fnac Belgique 2021, Prix Babelio 2021 et Prix de la première œuvre en bande dessinée de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2022.
Poursuivant sur sa lancée, Alix Garin collabore épisodiquement à La Revue dessinée, entre 2022 et 2024 (2), et participe à l’hommage au Journal de Tintin – Numéro spécial 77 ans (3), l’hommage des auteurs et autrices d’aujourd’hui aux personnages mythiques du journal Tintin, en 2023, mais c’est avec son nouveau roman graphique qu’elle impressionne à nouveau. Publié en 2024, Impénétrable (4) appartient définitivement au genre autobiographique. Alix Garin s’y livre totalement en faisant du mal intime et relativement rare qui la touche le thème central de son ouvrage. En effet, cette fois l’héroïne d’Impénétrable n’est pas Clémence, mais c’est bel et bien Alix qui se met en scène et se livre pour attirer l’attention sur le vaginisme. Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un trouble sexuel qui touche, d’après les statistiques officielles, 1 % des femmes. Souvent considéré comme bénin, le vaginisme n’en est pas moins gênant et douloureux puisqu’il se traduit par contraction réflexe et involontaire des muscles entourant le vagin, empêchant tout rapport sexuel. Sans vulgarité ni voyeurisme, Alix Garin montre, à travers les épreuves qu’elle a connues, que l’amour peut triompher s’il est partagé.





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