Cinq Petits Chaperons Rouges de BD


Conte protéiforme issu du folklore paysan, réinterprété par Charles Perrault (1628-1703), mais aussi par les frères Grimm, Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859), Le Petit Chaperon Rouge a connu de nombreuses adaptations, y compris en dessin animé sous la direction de Tex Avery (1908-1980) qui s'y livre déjà à un détournement sexy du personnage. En bandes dessinées, ce sont souvent des variations plus adultes sur le fond et sur les formes qui sont proposées à des lecteurs prêts à découvrir le secret et la psychanalyse des contes. Les BD Chroniques vous invitent donc à découvrir une sélection totalement partiale et complètement subjective de cinq Chaperons Rouges.


Le Petit Chaperon Rouge par Giuseppe Pederiali et Studio Rosi (Ediperiodici – Italie)
Dans un monde où les vampires existent quoi de plus normal que de rencontrer un Petit Chaperon Rouge. En cette fin du XIXe siècle, d’étranges disparitions se produisent dans les forêts du Devonshire. Ce sont des hommes dans la force de l’âge qui sont portés disparus, un médecin, un bûcheron et trois policiers partis à leur recherche. Pour enquêter sur un personnage de conte, quoi de plus naturel que d’envoyer au cœur des bois, la reine des vampires, Jacula. Concoctée par le scénariste Giuseppe Pederiali (Zora la Vampira), cette petite histoire joue sur la peur de la différence qu’il s’agit de vampires surnaturels ou d’une fillette atteinte d’une maladie mentale.
Écrite par Giuseppe Pederiali, dessinée par Studio Rosi, sous une couverture de Leandro Biffi, « Cappuccetto Rosso » a été publiée dans Jacula n° 9 (Juglio 1969), d’Ediperiodici. Les éditions Elvifrance en ont proposé une traduction, sous le titre « Le Petit Chaperon Rouge », dans la version française de Jacula n° 9 (Juin 1971).


Trou de mémoire par Marcel Gotlib (Dargaud – France)
« C’est l’histoire d’une petite fille qui s’en va porter à sa grand-mère une galette et un petit pot de beurre. » C’est ainsi que débute la double-page que Marcel Gotlib (Gai-Luron) consacre au Petit Chaperon Rouge dans ses Rubriques-à-brac, mais que le narrateur a bien du mal à conclure, victime d’un trou de mémoire, il mélange plusieurs contes. Fort heureusement, le Chaperon et le Loup l’aident à trouver la bonne conclusion à leur histoire « et ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »
Écrit et dessiné par Marcel Gotlib, cet hilarant « Trou de mémoire » fait partie du Tome 3 des Rubriques-à-brac publié par les éditions Dargaud (1972).


Red Riding Hood par Bill Willingham (Vertigo – USA)
Incapable de quitter les Terres Natales quand l’Adversaire est passé à l’attaque, le Red Riding Hood a longtemps vécu seule dans une cabane isolée. C’est Boy Blue, lors d’une de ses expéditions, qui l’a retrouvée et l’a ramenée à Fabletown. Elle est devenue amie avec Flycatcher, car il était l’un des rares à être gentil avec elle. Cette amitié s’est peu à peu transformée en véritable amour et ils ont fini par se marier, vivant de nombreuses aventures dans le monde de Fabletown et notamment au Kingdom of Haven lorsque Flycatcher en devint roi.
Red Riding Hood fait partie du complexe univers de Fables développé par Bill Willingham pour le label Vertigo de DC Comics. Elle fait sa toute première apparition dans Fables n° 4 (October 2002), dessinée par Lan Medina et Craig Hamilton. Il faut cependant attendre le n° 19 (January 2004), dessiné par Mark Buckingham, pour la voir jouer un rôle plus important dans cette saga dominée par Bigby Wolf.


Red Riding Hood par Ralph Tedesco, Joe Tyler et Joe Dodd (Zenescope Entertainment – USA)
Le premier personnage de contes revisité par l’équipe de Zenescope Entertainment n’est autre que le Red Riding Hood. À cette époque, le concept de Grimm Universe n’est pas encore né, cette histoire est donc une sorte de prototype qui permet au lecteur d’envisager qu’il pourrait y avoir un passage entre le réel et le monde des contes. On suit ainsi une jeune fille qui repousse son fiancé trop entreprenant et, tombant sur un vieux livre, commence y lire l’aventure d’un Petit Chaperon Rouge plus adulte que la fillette vêtue de rouge de ses souvenirs. Cette version du Red Riding Hood sera peu à peu remplacée par une déclinaison plus super-héroïque, Britney Waters alias le Red Agent.
Écrite par Ralph Tedesco et Joe Tyler, dessinée par Joe Dodd, encrée par Justin Holman, sous une couverture d’Al Rio, « Red Riding Hood » a été publiée dans Grimm Fairy Tales volume 1 n° 1 (June 2005), de Zenescope Entertainment.


Red Riding Hood par Ferres (DoFantasy – Espagne)
Ne conservant que le nom et la cape rouge, Ferres (Steel Trap Maidens) ré-imagine complètement le personnage du Petit Chaperon Rouge. Situant l’action à l’époque où Rome et ses armées partaient à la conquête du monde, il nous présente Ronja, dans toute sa beauté de jeune fille rebelle qui trouve un manteau rouge sang au cœur de la forêt et voit son destin basculer. Cette bande dessinée est destinée à un public particulièrement averti, car elle fait partie de la Fansadox Collection de l’éditeur en ligne DoFantasy spécialisé dans les BD pour adultes. Même s’il respecte tous les codes et les contraintes du genre, Ferres prend le temps de concevoir un véritable récit d’aventures. Se déroulant en l’an 16 après Jésus-Christ, le diptyque Red Riding Hood entraîne les lecteurs dans les forêts où vivent les tribus cimbres cibles toutes désignées des légions romaines et leurs alliés celtes. À l’aspect historique s’ajoute une bonne dose de fantasy, avec des loups-garous et un Chaperon Rouge joliment dévêtu.
Écrite et dessinée par Ferres, cette version du Chaperon Rouge a eu droit à deux albums publiés par DoFantasy dans les n° 327 et 357 de la Fansadox Collection, en 2012 et 2013, soit presque 200 pages épiques et violentes.

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