VEROTIK SUMMER : Jaguar God

Jaguar God n° 1 (Frank Frazetta - Verotik, 1996)

Managing Editor : Hart D. Fisher (n° 1 et 0), Steven Wardlaw (n° 2 et 3) et Ruthie Smith-Barlow (n° 4 à 7) – Publisher : Glenn Danzig
March 1995 à June 1997 – 8 x 36 pages
Éditeur : Verotik

Grand admirateur de Frank Frazetta (1938-2010), Glenn Danzig s’inspire d'un autre tableau du maître de l’heroic fantasy, il sert d’ailleurs de couverture au premier numéro de la série, voici donc le Jaguar God ! Créé et écrit par Danzig, Jaguar God entraîne le lecteur au plus profond de la jungle amazonienne, présentant les origines de ce guerrier ultime mélange de force et de magie.

Jaguar God n° 1 (Frank Teran - Verotik, 1995)

Mis en images par Frank Teran (qui illustre alors les sombres exploits d’un antihéros moderne, le Punisher (1)), l’épisode initial de Jaguar God ne s’embarrasse pas de présentations et n’a finalement rien d’une Origin Issue. On y suit la course folle d’une jeune femme pratiquement nue qui semble fuir un terrible prédateur. Elle se heurte à la montagne de muscles qu’est le Jaguar God. Ce dernier est prêt à lui venir en aide, mais elle préfère la fuite, car c’est un véritable géant libidineux qui la pourchasse. Ba-al l’invincible ne prend même pas le temps d’affronter le Jaguar God, persuadé qu’il est le meilleur. Il l’abandonne sur le bord du sentier pour mieux rattraper la fuyarde. S’étant érigé protecteur de cette forêt, le Jaguar God ne peut laisser passer l’affront. Il rejoint le monstre alors qu’il s’apprête à faire subir un mauvais sort à sa proie terrifiée. Après un rapide combat, conclu par deux coups de hache bien placé, le Jaguar God remporte le duel et la fille. Joliment mises en couleurs par Patrick Martin, ces vingt-et-une planches d’action donnent envie d’en découvrir plus sur ce héros masqué puisque son visage est dissimulé par un crâne et une peau de jaguar.

Jaguar God n° 4 (Paolo Parente - Verotik, 1996)

Les aventures du Jaguar God se succèdent dans les six numéros suivants et si Glenn Danzig reste le scénariste de la série jusqu’à son septième et dernier opus, il est dommage que le Jaguar God n’ait pas trouvé son dessinateur régulier. En effet, Mitch Byrd & Mark Morales réalisent le numéro 2 et une partie du 4, Alex Horley crayonne le 3, Paolo Parente encre le 3 et dessine la moitié du 4, Ariel Olivetti signe le 7, et Liam Sharp est le seul à s’incruster sur deux épisodes, le 5 et le 6. Chaque dessinateur apporte sa propre vision graphique de l’homme derrière le masque de jaguar. Byrd en fait presque un bodybuilder dont on peut compter chaque muscle, alors que Sharp en livre une version beaucoup plus bestiale. Même si les aventures du Jaguar God ne sont pas clairement situées dans l’espace et le temps, on est définitivement au cœur d’une jungle en Amérique du Sud, où l’on parle portugais (puisque le Jaguar God est aussi appelé Tigre-Capiango). Comme notre guerrier solitaire combat des Conquistadors dans le quatrième épisode, cela donne une certaine idée de l’époque. Cependant, cela n’empêche pas notre barbare d’affronter des sorcières, des géants et autres créatures mystiques. Tout héros ayant sa Némésis, l’impératrice X'alpen, venue d’une sombre dimension, est celle de Jaguar God lui faisant face dans les chapitres 2, 5 et 6 de sa brève saga.

Jaguar God n° 5 (Liam Sharp - Verotik, 1996)

Bien évidemment, avec sa violence, sa nudité et ses actes sexuels souvent non consentis (Jaguar God se fait violer pour invoquer X'alpen dans le deuxième épisode), God Jaguar est un pur produit des années 1990 qui n’a plus sa place dans les comic shops de nos jours. On doit se contenter d’admirer les superbes couvertures des numéros 1, 2 et 7 signées Frank Frazetta, mais aussi celles de Simon Bisley pour le n° 3, de Martin Emond pour les 4 et 5, et de Liam Sharp pour le 7 (2) qui essaient de capturer l’esprit du maître de l’heroic fantasy. On peut ajouter à cette sublime collection celle du n 0 (3) elle aussi empruntée au grand Frazetta qui dissimule la tant attendue Origin Issue, écrite par Glenn Danzig et mise en images par Simon Bisley. Ce récit en seize planches est agréablement complété par une Gallery of Pin-ups, entièrement dédiée au Jaguar God (4), réunissant les talents de Simon Bisley, Liam Sharp, Alex Horley, Adam Pollina, Mark Pacella, Dan Panosian, Frank Teran, Martin Emond et Mike Wm. Kaluta ! Jaguar God n’est pas le seul héros emprunté aux univers de Frank Frazetta, il y a aussi le Death Dealer, mais c’est une autre histoire.

Jaguar God n° 2 (Mitch Byrd & Mark Morales - Verotik, 1995)

Notes biblio-chronologiques :

1 - Écrits par Dan Abnett et Andy Lanning et dessinés par Frank Teran, The Punisher vol. 2 n° 94 (cover date : September 1994) à 102 (cover date : May 1995) ont été publiés par Marvel Comics.

2 - Écrits par Glenn Danzig et dessinés par Frank Teran (n° 1 – cover date : March 1995), Mitch Byrd & Mark Morales (n° 2 – cover date : August 1995), Alex Horley & Paolo Parente (n° 3 – cover date : March 1996), Mitch Byrd & Mark Morales et Paolo Parente (n° 4 – cover date : June 1996), Liam Sharp (n° 5 et 6 – cover dates : September 1996 and April 1997) et Ariel Olivetti (n° 7 – cover date : June 1997), les sept épisodes de Jaguar God ont été publiés par Verotik, sous des couvertures de Frank Frazetta (1, 2 et 7), Simon Bisley (3), Martin Emond (4 et 5) et Liam Sharp (6).

3 - Écrit par Glenn Danzig et dessiné par Simon Bisley, Jaguar God n° 0 (cover date : February 1996) a été publié par Verotik.

4 - Outre les sept épisodes de sa série régulière, le Jaguar God est apparu dans l’une des trois histoires de l’anthologie Verotik Illustrated n° 1 (cover date : August 1997), intitulée « House of Bats », écrite par Bill Oakley et dessinée par Simon Bisley.

Jaguar God n° 0 (Simon Bisley - Verotik, 1996)

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