SÉRIE TV : Lucky Luke Chapitre 1 « Le solitaire »

Scénario de Mathieu Leblanc et Thomas Mansuy – d’après la bande dessinée de Morris (Dupuis et Lucky Comics) – réalisation de Benjamin Rocher
Diffusion Disney+ : 23 mars 2026
Diffusion France 2 : (à venir)
Fédération Studio France, Un Pour Tous Productions, Homerun, Disney+ et France Télévisions

La grande rue est en ébullition, Pete le Crotale doit affronter en duel la légende de l’Ouest, Lucky Luke ! Mais, à quelques minutes de l’affrontement, le cow-boy solitaire est étrangement absent. L’homme qui tire plus vite que son ombre aurait-il les foies ?

Starring Alban Lenoir as Lucky Luke (Lucky Luke - Disney+, 2026)

Pourquoi s’acharne-t-on à vouloir adapter en live action les héros d’une bande dessinée franco-belge qui n’a jamais joué la carte du réalisme graphique ? Là où le duo Astérix et Obélix a plus ou moins réussi à convaincre, grâce à son casting idéal pour l'époque (Christian Clavier et Gérard Depardieu) et à des réalisateurs solide (Claude Zidi pour Astérix et Obélix contre César en 1999) ou inspiré (Alain Chabat pour Astérix et Obélix : Mission Cléopatre en 2002), Lucky Luke n’a jamais eu cette chance. Plusieurs acteurs ont donné un visage au célèbre cow-boy sur grand écran. On se souvient peut-être de Terence Hill incarnant un Lucky Luke plus proche de ses rôles dans les westerns spaghettis de sa jeunesse dans un film en 1991 et huit épisodes d’une série télévisée en 1992 ; de Til Schweiger dans Les Daltons (de Philippe Haïm, 2004) avec Éric en Joe Dalton et Ramzy en Averell Dalton ; ou Jean Dujardin dans Lucky Luke (de James Huth, 2009). Aucun de ces acteurs n’était réellement convaincant dans ces productions, pas plus qu’Alban Lenoir (également producteur via sa société Homerun), qui reprend le rôle pour cette série produite pour Disney+. En effet, même si le comédien porte bien la chemise jaune, le gilet noir, le foulard rouge et le stetson blanc de sa contrepartie graphique, la poussière en plus, il a aussi une barbe de trois jours jamais arborée par le seul et unique Lucky Luke, celui de la BD. Il semble que les scénaristes aient eu envie de donner un ton plus réaliste au personnage que l’on découvre, dans ce premier épisode, blessé à la main et incapable de dégainer plus vite que son ombre. Pour ceux qui ne connaissent pas le célèbre cow-boy, cela peut passer, mais pour les aficionados de la bande dessinée, cela coince immédiatement. En effet, si Luke s’appelle Lucky, c’est parce qu’il est chanceux. Or, tout au long de cet épisode, il semble être poursuivi par la poisse. Pire, il se fait voler la vedette par une gamine, Louise (Billie Blain), qui le sauve, accidentellement, lors de son duel contre Pete le Crotale (Sofian Khammes). La jeune fille, dont la mère a été enlevée, le grand-père assassiné et de père inconnu, demande à Lucky Luke de l’aider à la retrouver, ouvrant une porte sur le mystérieux passé de l’homme qui tirait plus vite que son ombre. Enfin, si Jolly Jumper est bien présent dans cette série, il n’est qu’un cheval ordinaire qui ne parle pas et dont on n’entend pas les pensées, alors que son rôle de fidèle compagnon est essentiel dans la bande dessinée.

Billie Blain as Louise (Lucky Luke - Disney+, 2026)

Malgré la beauté des paysages espagnols, la qualité des décors, la musique western de Thomas Cappeau et le jeu convaincant de la majorité des comédiens (à l’exception notable de Billie Blain qui annone son texte plus qu’elle ne l’interprète), ce premier épisode de Lucky Luke ne donne guère envie de voir la suite aux fans de la BD. Les quelques images suivant le « à suivre… » qui concluent cet opus introductif offrent un avant-goût des chapitres suivants où un Lucky Luke, pourtant rétabli, semble passer son temps à fuir, avec des Dalton qui n’ont rien à voir avec ceux de la bande dessinée. Adapter une œuvre graphique est toujours difficile, mais l’adaptation correcte d’une BD franco-belge relève de la mission impossible.

Rocher & Co. Firearms, Ammunition, Rifles, Pistols (Lucky Luke - Disney+, 2026)

Commentaires